Souvenir d'enfance

Il était bizarre le voisin du dessous quand même, tu sais le mari de V.
J'ai attrapé cette phrase parmi le flot de paroles de ma mère, et je me suis souvenue du voisin, de son drôle de regard, de cette sale impression quand il nous regarder jouer toutes ensemble en bas de l'immeuble, la bande des CM2. J'ai dit ah ? avant de pouvoir m'arrêter et puis j'ai eu envie de hurler.
Le voisin, il avait 2 plaintes au cul pour harcèlement sexuel dont une sur une mineure.

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# Posté le samedi 02 janvier 2010 14:26

Modifié le vendredi 05 février 2010 10:26

Etat des / du Lieu

Etat des / du Lieu




Lieu. Corps lieu, ossature légère et creuse, couloirs forgés dans l'ivoire, défense, écheveaux de nerfs et de veinules violettes tendus sur le cadre (oiseau, éléphant, araignée / lieux déformés, corps effondrés). Corps cathédrale, et penser JE est autre, appartient aux autres. JE est une mascarade, pas je-moi, mais bien je-pronom, abusé et galvaudé par tant d'usage. Poli mais certainement pas magnifié d'avoir roulé de tant de bouches, de s'être tant déversé des piliers de la gorge aux arches des côtes.
JE représente le voyage, le lent chemin du croyant entre les bancs de bois, la fumée de l'encens, la futilité splendide des cierges. L'imbécile qui n'a nulle part où aller et progresse de la chapelle axiale au transept à la nef au narthex pour s'en retourner glapir dans un gosier gras et gonflé de bile.
JE demeure l'estomac-clergé, l'odeur d'orange quand la grille se referme, la brulure qui ne cesse jamais.




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# Posté le mardi 29 décembre 2009 18:54

Je vais vers toi, je vais vers la mer

Je vais vers toi, je vais vers la mer







I'm sixteen forever
And I want to hear your voice
(more than anything else)
And I want to come home.


Quand il a attrapé mon bras et serré fort, si fort que j'ai une couronne de bleus autour du poignet et des élancements de douleurs malgré le médicament, j'ai pensé à elle, absurdement. A ma mains contre sa joue, à son rire. J'avais frappé de toutes mes forces et j'avais tiré une fierté absurde à la voir reculer, tituber. Jusqu'à ce qu'elle se mette à rire et s'en aille en claquant la porte.
J'ai revu tout ça, avec sa main à lui autour de mon poignet presque au même endroit que le sienne. Et j'ai pensé, non, les coups c'est elle. C'est le seule, la dernière à m'avoir, à me faire ça. Je me suis souvenu de "plus jamais" et des coups, de mon bras en travers de mon visage. Du choc de le chair contre la chair, du bruit mat que ça produit. Du dégout, de la peur, de l'exaltation (au moins j'ai ça d'elle encore, cette colère si grande) de la honte, du dégout, dégout, dégout.
Et pour la seconde fois de me vie j'ai frappé aussi fort que j'ai pu, pour qu'il me lâche.
Et jamais, jamais plus je ne les laisserais me toucher. Et je frapperais aussi fort que je peux, encore et encore, à en casser chacun de leurs doigts, pour qu'eux ne puissent plus jamais lever la main sur moi.
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# Posté le samedi 28 novembre 2009 18:46

Modifié le dimanche 29 novembre 2009 16:28

Que fais tu dehors ?

Que fais tu dehors ?




Se sentir trembler, tomber vers le haut, de la couleur du plomb renversé ou de la pluie sur ses mains. Le ciel est comme un vaste vase canope renversé sur nos tête, les nuages des organes en voie de dissolution extirpés du corps de quelque divinité trop grande -trop petite pour tenir au creux de nos paumes. L' [an-dri-no-ple] ruisselle en cordes droites - lignes de force qu'il faudrait attraper, faire violence, gravir pour mordre et gagner [à moins que ce ne soit perdre ?] - selon un axe impossible et perceptible uniquement du coin de l'oeil, la tête tournée à 180° sous l'abreuvoir de... plus-de-signifié-ta-voix-enfin-éteinte.
[Oh, cette lumière là, qui accapare les premiers matins du monde, une gravure bon marché, sortie d'une presse usée et d'une plaque écrasée, rayée, scarifiée ?]
And I, and I...



And I know better than that.
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# Posté le lundi 16 novembre 2009 17:34

Modifié le lundi 16 novembre 2009 17:54

cover you / shelter you / run from you

cover you / shelter you / run from you
Jenny Holzer






"1. Un moment pour tout, un temps pour tout désir sous les ciels.
2. Un temps pour enfanter, un temps pour mourir.
Un temps pour planter, un temps pour extirper le plant.
3. Un temps pour tuer, un temps pour guérir.
Un temps pour faire brèche, un temps pour bâtir.
4. Un temps pour pleurer, un temps pour rire.
Un temps se lamenter, un temps danser.
5. Un temps pour jeter des pierres, un temps pour ramasser des pierres.
Un temps pour étreindre, un temps pour s'éloigner d'étreindre.
6. Un temps pour chercher, un temps pour perdre.
Un temps pour garder, un temps pour jeter.
7. Un temps pour déchirer, un temps pour coudre.
Un temps pour chuchoter, un temps pour parler.
8. Un temps pour aimer, un temps pour haïr.
Un temps, la guerre, un temps, la paix."





Tu ne me manques plus vraiment. Ce qui [...] c'est l'abri, le sentiment d'être aimée, d'avoir une raison de rester. Je regrette ce que nous avons eu le plus bref des moment, acceptation, partage, sécurité. Tes mains en coupe autour de mon visage et tes yeux qui ne voyaient que moi. Tes bras autour de mes hanches et je te tendais un café alors que tu laissais aller ta tête sur la peau nue de mon ventre, familiarité. Te connaitre plus intimement que moi même.
[Je dis ton prénom, je le dis en butant sur chaque lettre avec des rides creusées à mon front, des tremblements creusés à mes mains, je dis ton prénom encore et encore pour que tu m'appartienne, chaque lettre soigneusement prononcée, extirpée de mon ventre et limée sur mes veines pour sortir aussi dure que l'acier, je dis ton prénom mille fois, je dis ton prénom et je ne m'entends plus parler/penser/exister]
"n'oublie pas que je t'aime d'amour, d'amour, d'amour" trouvé un matin sur mon oreiller parce que tu avais du partir pendant mon sommeil. Je n'ai pas oublié, non, et pas pardonné non plus -moi qui aime toujours ce souvenir de toi.





"J'ai enlevé mon aube, comment la vêtirai-je ?
J'ai baigné mes pieds, comment les salirais-je ?"



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# Posté le vendredi 13 novembre 2009 10:55

Modifié le lundi 16 novembre 2009 18:26